Cette sensation malsaine ne cesse de me prendre aux tripes, année après année. Il y a le passé qui ne cesse de fuir, de nous échapper ; et il y a l'avenir qui nous enserre. Nostalgie, tu es fourbe, et tellement sournoise : tu accapares nos esprits dans les moments les moins enclins à la morosité. Ceux où l'on devrait croire en nous, en notre réussite, et à toutes les potentialités qui s'offrent à nous. Mais tu nous freines, tu nous prends pour cible et nous lances tes flèches acides. Ca en deviendrait presque risible, mais Cédric me manquera, Julian, Pierre et tous ceux qui m'ont fait rire pendant l'année également : j'ai une certaine gratitude, même si le murmure de mon "Malgré tout, merci" n'atteindra jamais vos oreilles. Mr G., Mme S., Mme A. et tous ces professeurs qui nous ont communiqué cette envie d'apprendre, aussi. La sonnerie de cette dernière semaine à Michelet me nargue, me rappelle que le soleil, la plage et les projets d'été sont illusoires. Cette joie estivale cache mal les réalités, on se détourne des vérités qui blessent. Et j'ai ce talent inné qui consiste à rattacher chaque détail à un autre, chaque perception à un vécu. Il faut alors que j'apprenne à me détacher des riens que j'apprécie tant. J'ai le coeur lourd. Parce que cette fois-ci, mélancolie, tu es particulière : tu es le signe d'un au revoir définitif, d'un changement radical. Aucun recul n'est possible, c'est un pari sur l'avenir, un pari sur nous même. Et je suis pourtant certaine de me tromper, de choisir le chemin le plus rocailleux, le moins rentable. Pour se consoler, persuadons nous que ce sera la route la plus enrichissante qui permettra de s'élever pleinement. Mais avant tout ; il faudra se résigner à dire adieu - Tentons d'être fiers de nous.
