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samedi 13 juin 2009

On se complait dans la tristesse. Elle est joussive.


J
e regarde les gens vivre, je regarde les gens s'aimer dans une sincérité qui me bouleverse :

"Et (Je sais que tu vas trouver ça niais et débile mais...) j'ai jamais autant aimé quelqu'un comme je l'aime elle... [...] Je me sens... complet, quand je suis avec elle"

Non, Nico, et tu as toute ma reconnaissance : les sentiments vrais m'ont tellement manqué ces derniers temps...

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Je suis restée silencieuse durant le repas, fixant la crevette rose. Tout va bien, je vais bien... Maman m'a questionnée sur Bellevue, je lui ai répondu par un murmure. Calme. Je n'avais même plus la force de m'énerver contre le paternel. Je pensais au 18 juin. Tout devrait bien se passer, tout devrait... Mais en définitive, ce n'est pas ça qui importe. Et il y a eu un évènement qui m'a abattue, dans le microcosme de mon assiette. De la sauce salade. De la sauce salade indésirable. Sur cette pauvre crevette. Et j'ai eu envie de pleurer. Hurler, tellement j'avais mal. Pour de la sauce salade, sur une crevette rose.

"Je ne suis pas folle, vous savez..."

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Je suis seulement déçue. Tellement... Il est vrai que je ne donne pas beaucoup aux gens. Mais, je suis - ou j'aimerais tout faire pour - être une fille bien. Qui - sous le masque de la froideur et de l'ironie - m'implique dans les rares relations auxquelles je crois. Et j'ai la prétention d'espérer un retour. Mais c'est faux, tout est faux. Depuis le début. Je me suis bêtement laissée bernée. La ô combien intelligente Isabelle a été parfaitement sotte. Mais ce n'est pas grave, en somme. Rien n'est grave -


Mr Mercier, rassurez vous : la serpillère ; c'est moi.