dimanche 14 mars 2010

21 février 2009. Always lost in the sea.

Je m'étais toujours dit que l'apocalypse pouvait être salutaire. Non, le mot est fort, mais j'entends par là, une situation totalement chaotique, dépourvue de tout sens, dans laquelle il n'y aurait plus aucun enjeu. Tout serait de suie. Les bâtiments s'embraseraient. La panique prendrait place. Le téléphone ne cesserait de sonner. Nous observerions les décombres, la vue brouillée , les joues brûlées par l'acidité des larmes. Et les modèles seraient hideuses sans maquillage. J'en ai conscience : vive les topoi. Mais, ce qui est sûr, c'est qu'il y aurait le Vous, le Moi, le commun, qui serait spectateur, contemplateur des cendres, du morbide. Il y aurait le Mal, le Fourbe, celui qui se révèle dans les situations vraies. Et il y aurait l'Homme, dans son sens le plus humain, le plus noble, qui nous rassurerait, qui nous sauverait de la confusion, du désordre. Parce qu'en définitive, il faut un chaos, un laid, pour mettre en lumière, exalter le Beau. Et peut-être bien que cet état où "la vie ne tiendrait qu'à un bout de fil" serait nécessaire pour en apprécier sa valeur. Car l'angoisse est là ; pour chacun de nous, même pour les plus enclins à être heureux. La perte de confiance en soi, c'est le mal, disais-je. Et c'est la période propice : l'avenir, l'inconnu nous opprime. Le dialogue avec les autres devient difficile et laisse place à l'incompréhension. C'est pourquoi il est si plaisant de se tracasser. Parce que se tracasser, c'est se centrer sur soi, en somme. Mais je pardonne, car tout ça est humain : les doutes, les craintes. Il faut juste (ré)apprendre à garder intact cet espoir de réussite qui luisait dans nos ventres autrefois. Et saisir le fil. De nouveau -



"Dans la mythologie grecque, Chaos est une entité primordiale d'où naît l'univers" Dixit notre ami ô combien estimé Wiki