Je me demande encore d'où vient ma fascination pour les poupées. Elles m'ont toujours effrayée, surtout celles en porcelaine. Mais c'est peut-être parce qu'elles sont terrifiantes la nuit, qu'elles attisent aussi ma curiosité le jour. Et c'est cette incroyable aptitude que j'envie tant : elles donnent l'illusion d'être vulnérables, mais restent totalement maîtresses de leurs âmes. Et ce sont elles - les véritables manipulatrices : elles abaissent nos barrières, nous mettent en confiance, mais se méfient de nous. Elles demeurent parfaitement insondables, presque célestes, presque solaires. Puis détachées - elles nous observent, apprennent à nous décrypter, à nous connaître à notre insu ; pour mieux se jouer de nous. Et en même temps que je les envie atrocement, elles me répugnent comme le croque-mitaine de l'enfance. Dès lors, je n'ai qu'un conseil à vous donner, mes chers amis : prenez garde... prenez garde -

Et méfiez vous des poupées.
Aussi innocentes soient-elles
Aussi innocentes soient-elles