Je perdais confiance. Je sentais l'étau, surtout le misérable. Et il m'est venu l'idée de relire certains textes cachés dans les méandres de la technologie. Comme de vieilles reliques poussiéreuses. C'était d'ailleurs l'une de mes aspirations secrètes : partir à la chasse aux trésors et capturer les souvenirs d'un tiers, partager d'une manière ou d'une autre ces petits bouts d'existence - qui disposés côte à côte - ont bâti son âme. Alors j'ai ouvert une page, puis une autre . Les miennes. Et j'ai perçu cette émotion lointaine, mais pourtant si familière, qui - dans une réaction des plus saines - a soigné mon cœur endolori. J'ai senti cette force doucereuse qui embarque, qui entraine. J'ai redécouvert cette existence gardée jalousement, ces odes à la vie, ces mots inavoués. Ainsi que les personnages qui ont pris naissance dans mon esprit, à la dérobée. Et je me souviens de chacun d'eux, dans leur individualité : d'Andreas, de Charlie, de Lazare. Alors le vide abyssal se remplit au moins d'air. Parce qu'en somme, le tiers : c'est moi -In The Mood For Love.