dimanche 14 mars 2010

6 octobre 2008. Mon delirium tremens.

Je suis saoule de tout. Chaque son de basse, chaque capture désuète, ou visage familier me procure une sensation des plus extatiques. Tous autant qu'ils sont, ils me grisent, comme la douce aigreur de savants cornichons de Spreewald. Mes doigts vagabondent dans tous les interstices pour y décortiquer un à un, ces fragments d'émotion. Et sur chaque parcelle, j'y accroche mes serres, enfonçant mes ongles dans leur peau blanchâtre. Mais je finis par chanceler, la main tremblante, cherchant un quelconque appui. Et je trébuche, sur chaque ramure. La bouteille de verre, vidée de sa liqueur, heurte ma poitrine. Le désir est si fort, le trouble tellement déroutant : que tout se froisse. Mes membres se crispent ; chacune des cellules de mon organisme se contracte de douleur. Le papier se déchire, l'écorce se brise. J'entends tout près la fourchette gratter l'ardoise grise. Chaque poussière de schiste s'insinue dans mes narines : elles deviennent des lames et fendent ma chair. Griffez moi. Brûlez moi. Je manque du spiritueux. Je manque de souffle, de vie, d'être. Alors mourrons d'amour. Prêchons le mal. Vendons notre âme au diable...

...Mais Existons comme jamais.