dimanche 14 mars 2010

8 avril 2009. True Blood

Je suis parfaitement nonchalante, imbue de ma personne et détestable. Et parce que je suis nonchalante, imbue de ma personne et détestable ; les gens peuvent légitimement être hideux et infâmes avec moi. M'insulter. Me salir. Me vilipender. "Qu'elle est laide ! Regardez son visage crevassé ! Mais brûlez cette sorcière !" Et je ne peux que les comprendre.

A leur place, j'aurais même déjà prémédité mon meurtre, celui de la répugnante créature. Liant tellement fort mes poignets par des cordes sèches et caustiques ; que mon sang se serait mêlé à elles - de manière si délicate. J'aurais ensuite versé le poison infecte et minutieusement préparé dans ma gorge. Le liquide morbide et corrosif aurait glissé sans difficulté, comme un serpent suintant, noyant mes bronches noirâtres. Puis je me serais consolée de coups brutaux et frénétiques, jusqu'à ce que je ne puisse plus résister. La tête heurtant le marbre clair, rebondissant, se fracturant. L'harmonie qui s'en dégagerait serait particulièrement poétique et émouvante. Puis j’aurais traîné la dépouille jusqu’à l’autel. Je me serais ingénieusement plantée la lame aiguisée là où elle est la plus douloureuse. Criant, hurlant, déchirant mes poumons. La symphonie des sons serait la plus pure. Le concert de la mort. Et je l'aurais remué encore et encore, ce sabre, jusqu'à lacérer entièrement ma chair. Et je me serais maculée de combustible, respirant, affamée, l'odeur de viande cuite.

Car vous le savez bien : dépourvus de quelconque sentiment humain, les monstres comme nous, ne méritons aucunement la vie. Vous avez donc la permission de m’ôter l’existence - dans une barbarie des plus méritées. Et pour dire vrai : vous le faites tellement bien ,que mon imagination ne sera jamais de taille -