5 heures du matin. Un appel téléphonique du Cambodge. J'entends des voix lointaines, presque des murmures. Ma mère est ailleurs, le paternel semble inquiet, l'air grave - ce qui n'est réellement pas habituel. Je demande ce qu'il se trame. Dans toute cette agitation nocturne, je ne comprends que "grand père". Alors je m'obstine à savoir.
Puis il y a comme cet écho du coeur, qui ne cesse d'accélérer et de tambouriner contre votre poitrine. Boum. "Comment ça, plus rien à faire ?" - j'ai répété. Je n'ai pas compris tout de suite, non. Et tout commence à s'embrouiller dans votre esprit. Et les interrogations. Et ce coeur qui pèse, qui pèse... "Il faut que ton père et ta tante partent" me dit-on. Déconnectée, j'hoche la tête.
A 7h30, le paternel m'emmène au lycée. Tout au long du trajet, un mutisme qui en disait long.
A 16 heures, j'appelle discrètement les parents ; ils sont déjà dans une agence de voyage. Tout s'enchaîne rapidement, tata et sa famille arrivent ce soir, l'argent va être débloqué, on prépare les valises, mais l'achat des billets pose problème. Mes parents ne cessent de répéter que c'est urgent. Alors quoi qu'il en soit, ils partent ce soir à Paris et décollent demain. Les appels se multiplient.
J'ai besoin d'extérioriser ça. Mais je ne pleure pas - alors que pour des broutilles, les larmes viennent si facilement - je ne peux que l'écrire, en réalité. Et dire que la seule fois où je suis allée au Cambodge, j'ai laissé l'image d'une petite fille absente et laconique.
Alors que dès que je pense à lui, je songe à un homme qui vous offrait ses plus beaux sourires, qui inspirait tant de bonté, tant de sagesse, tant d'honnêteté, et je revois encore ses yeux vivants et rieurs, malgré la toux, malgré les os saillants, malgré son corps frêle. Et je me suis surprise à penser "Quand j'aurai ma prime d'ingé, je reviendrai pour vous revoir. Tous. Surtout toi, Papi"
Puis il y a comme cet écho du coeur, qui ne cesse d'accélérer et de tambouriner contre votre poitrine. Boum. "Comment ça, plus rien à faire ?" - j'ai répété. Je n'ai pas compris tout de suite, non. Et tout commence à s'embrouiller dans votre esprit. Et les interrogations. Et ce coeur qui pèse, qui pèse... "Il faut que ton père et ta tante partent" me dit-on. Déconnectée, j'hoche la tête.
A 7h30, le paternel m'emmène au lycée. Tout au long du trajet, un mutisme qui en disait long.
A 16 heures, j'appelle discrètement les parents ; ils sont déjà dans une agence de voyage. Tout s'enchaîne rapidement, tata et sa famille arrivent ce soir, l'argent va être débloqué, on prépare les valises, mais l'achat des billets pose problème. Mes parents ne cessent de répéter que c'est urgent. Alors quoi qu'il en soit, ils partent ce soir à Paris et décollent demain. Les appels se multiplient.
J'ai besoin d'extérioriser ça. Mais je ne pleure pas - alors que pour des broutilles, les larmes viennent si facilement - je ne peux que l'écrire, en réalité. Et dire que la seule fois où je suis allée au Cambodge, j'ai laissé l'image d'une petite fille absente et laconique.
Alors que dès que je pense à lui, je songe à un homme qui vous offrait ses plus beaux sourires, qui inspirait tant de bonté, tant de sagesse, tant d'honnêteté, et je revois encore ses yeux vivants et rieurs, malgré la toux, malgré les os saillants, malgré son corps frêle. Et je me suis surprise à penser "Quand j'aurai ma prime d'ingé, je reviendrai pour vous revoir. Tous. Surtout toi, Papi"
J'ai vraiment été conne.
-------
J'ai fini par m'effondrer. Et dire qu'ils ne sont pas arrivés à temps pour son dernier souffle. C'était trop brutal. En 2 appels, il n'était plus là.
Joyeux anniversaire, darling...
-------
J'ai fini par m'effondrer. Et dire qu'ils ne sont pas arrivés à temps pour son dernier souffle. C'était trop brutal. En 2 appels, il n'était plus là.
Joyeux anniversaire, darling...