vendredi 12 août 2011

12 août 2011 - The confusing evidence.


__Il y a toujours dans les relations qu'on peut entretenir avec autrui, ce moment particulier où tout devient limpide, clair. Evident. Cet instant unique où vous vous rendez compte que l'autre peut faire partie de votre vie, qu'indépendamment de votre volonté, vous l'avez autorisé à s'installer dans vos pensées, dans vos souvenirs et dans vos projets. Cet instant où vous basculez dans le sentiment de confiance, cet étrange sentiment qui vous laisse croire que vous serez capable de vous donner entièrement à quelqu'un. Que vous êtes prêt à en prendre le pari.

Notre pari à nous durera 10 mois...

Moi qui étais la première à me moquer de nous, à prendre de haut cette relation trop simple à mon goût, à tout faire pour ne pas m'attacher à toi, je me suis surprise à aimer te voir rire, à être troublée par ta présence. Et c'est peut-être bien pour cette simplicité que je reniais tant, ce naturel qu'il y a à être à tes côtés, que je sens, je sens, là, tout près, que mon âme blessée par le passé commence à guérir ses plaies. Que je sens l'évidence. Un naturel et une simplicité entremêlés de pudeur, de non-dits. Je ne sais pas si tu es celui qui restera, mais merci d'être là, pour panser mon âme, panser mes maux.

dimanche 24 juillet 2011

24 juillet 2011 - Spleen ou Idéal

__C'est terrible. Depuis plusieurs semaines, je n'écrivais plus. J'avais le sentiment de ne plus me reconnaître dans mes mots, de m'être égarée dans une logorrhée superficielle. Vide de sens. Des mots qui se perdaient sur ce clavier, comme si écrire devenait une habitude, et non plus ce besoin viscéral d'antan. Je crois bien qu'autrefois, je parvenais à poser des mots plus justes, plus inédits, qui m'apportaient ce réconfort du texte qui exprime ce que l'on n'ose dire. Mais peut-être avais-je quelque chose de bien plus mordant à écrire avant, lorsque la mélancolie s'emparait de moi. J'ai en effet la conviction que c'est lorsque nous éprouvons nos plus grandes peines que nous parvenons le mieux à écrire. C'est ce qu'il y a de plus intéressant, ce qu'il y a de plus intense et de vrai. Le bonheur est bien trop insipide pour mériter qu'on l'écrive, pour qu'on cherche à le décortiquer de la sorte. Nul mérite à écrire du beau avec du beau... Et là, tout commençait à me sourire enfin : de belles perspectives d'études, un garçon attentionné et prévenant qui semble m'accorder plus d'importance que je ne le pensais, le sentiment d'être enfin appréciée dans cette communauté et non plus jugée, de pouvoir participer à l'expérience la plus exceptionnelle que je vivrais sûrement, à savoir Erasmus le prochain semestre... D'être ce genre de filles que j'enviais, épanouies, brillantes, vivantes. Appréciée. Mais j'ai le sentiment que tout ça sonne faux... Si faux... Au final, il y a toujours cette part de moi qui le clame, qui le crie : j'ai mal. De ces douleurs que personne ne peut comprendre, que personne ne peut panser. La douleur des humiliés, de ceux que vous avez écrasé et détruit. J'ose enfin le dire : je crois qui tu es l'une des personnes qui a le plus profondément meurtri ma personne, de toutes les façons qu'il puisse exister, et je bouillonne de l'intérieur lorsque tu m'interpelles comme si nous étions encore amis alors que tout est cassé. Le lien rompu. Comme si j'étais encore tienne. Comme si je m'intéressais encore à toi. Mes doigts se crispent et je peine à contenir ma colère lorsque la seule chose à laquelle tu songes est d'exhiber ton existence avec une prétention qui me rend folle, sans demander aucune nouvelle de moi. Oui, tu pars 4 jours à Barcelone. Je pars 5 mois à Madrid. Oui, tu bois des verres dans des bars huppés que seuls les cadres peuvent se permettre de fréquenter. En un an, j'ai connu plus de bars que toi en 20, mais pour ma part, en bonne compagnie. Seulement, tu t'en moques, tu préfères te pavaner, toi, te pensant vainqueur de la bataille. Et tu comptes sur mon sens de la politesse pour te féliciter, t'écouter, ne pas te dire de te taire. De te crier que tu es seulement un élève qui a été abîmé par la prépa, et qui jubile désormais parce qu'il réussit mieux en fac. Un sot ridicule, dont la prétention a été mise en sommeil pendant l'année de PCSI, mais qui maintenant ne se sent plus vivre. Qui étale sa culture et sa richesse avec ce dédain des arrogants et des gens trop surs d'eux. Que ton ami est aussi sot que toi, à baver sur de jolies filles et mépriser les rares qui arrivent à s'intéresser à lui en raison de leurs physiques qu'il trouve peu avantageux, alors qu'il n'a guère mieux à offrir. Que sa méchanceté et sa jalousie m'attristent. Oui, tu as été le vainqueur : tu m'as ôté toute l'estime que j'avais, alors qu'en fin de compte, tu n'étais rien, absolument rien. Mais aujourd'hui : il n'y a plus rien à conquérir, inutile de vouloir entamer un second combat, tu as déjà gagné. Et j'ai tourné la page. Je me suis libérée de ton joug ; c'est un autre qui a droit à mes pensées désormais. Alors à toi, à ton ami, à vous, mes chers bienfaiteurs extraordinaires, j'espère que vous comprendrez que ma politesse ne cache que la cruelle exaspération de vous entendre gémir et d'écouter vos névroses. Et seigneur, je culpabilise tant, d'avoir donné de ma personne et d'avoir accordé toute ma confiance à des gens qui se sont éperdument moqué de moi, et qui cherchent encore à m'humilier. Mais pour tout dire, je culpabilise surtout de ne pas parvenir à autant aimer ceux qui s'offrent entièrement à moi... D'être pour ces derniers, ce genre de personnage que j'exècre : celle qui se joue d'eux. N'ai je pas dit que l'on écrivait que lorsque le tumulte de nos coeurs était insoutenable ? Pour ma part, les remords et la culpabilité me dévorent. A vous, ceux qui me donnent tant, je m'excuse... de toute mon âme.

lundi 2 mai 2011

2 mai 2011 - Valse des sentiments.

__Dans le trouble de l'ivresse, il y a ce nuage de fumée. Belle, douce, dansant dans l'air avec délicatesse et désinvolture. Malgré le léger brouillard, tout semble s'éclaircir ; les sombres rideaux pourpres se dégagent pour y laisser entrer un voile de lumière. Grisée par les remèdes, pilules et gouttes homéopathiques, j'en perds tout de même ma lucidité. Tout semble s'éclaircir mais la confusion est présente, en fait. Dans la toux, ma vue se trouble. Je m'interroge. Il y a un fond apaisant, à entendre, à ressentir, à caresser. Mais j'ai eu du mal à me laisser faire. J'abordais ces étreintes avec superficialité, dans la spontanéité du moment. Mais je crois, je pense, y avoir décelé une certaine importance. Respectueux, désintéressé et généreux dans ses gestes, je m'étonne de tant d'attention, d'implication. Je découvre des voluptés insoupçonnées, entre douceur et animalité. Plaisir des sens, tendre lasciveté : je ne peux rester de marbre. Et si je m'interdis toute niaiserie, il se peut qu'au delà du sensuel, ce junky plus intéressant qu'il n'y parait arrive à percer une brèche dans ce rempart.

Corps et esprit.

dimanche 27 février 2011

27 février 2010. De l'art du détachement, ou de l'égocentrisme exacerbé.

__Longtemps, très longtemps, j'ai pensé les mots, réfléchi, tourné les idées dans un sens, puis dans un autre... Blâmé cette solitude, pourtant seule compagne fidèle des premiers et des derniers instants. Longtemps, j'ai haï les autres. Mais en fin de compte, tout se résume à une seule et unique idée : la non-réciprocité. Dans tout. En amour, en amitié, comme dans les services rendus. Dans les relations humaines, dans les relations professionnelles. Mais je crois que c'est surtout quand il s'agit d'amitié, que cette non-réciprocité est difficile à ingurgiter. Porter les autres, les encourager, quand ceux-ci nous laissent de côté à la moindre occasion. Qu'ils écrasent notre visage contre le caniveau crasseux, du haut de leurs talons aiguilles et qu'ils vous brûlent de leur cigarette tout juste allumée. La chair est mangeable*, il disait. Et les cannibales qui vous dévorent, ceux qui vous touchent au plus près, qui vous dérobent votre corps mais aussi votre souffle de vie, ne sont autres que ces amis dont vous vous évertuez à sauver l'âme, de toutes les manières qu'elles soient.

Non, je ne déteste pas les autres, j'abhorre seulement la non-réciprocité.