jeudi 8 novembre 2012

8 novembre 2012 - Solitude du mois de novembre

Ce soir, je me sens particulièrement seule, d'une solitude qui glace, d'une solitude qui culpabilise. Entourée, mais seule. Effroyablement. Les angoisses qui reviennent. Sournoisement. Les déceptions. Le sentiment d'être coincée dans une comédie théâtrale. Où tous, nous jouons un rôle. Vous. Moi. A ne plus savoir qui vous êtes vous-même. Je suis tellement lasse, fatiguée, j'ai besoin d'authenticité. Tout est si fébrile, rien n'est acquis, sans cesse, il faut se battre. Et le combat m'épuise. La seule chose dont j'ai envie, c'est de lâcher prise un moment, desserrer les dents, apaiser mes maux. J'avoue, j'ai peur de perdre tout ce qui a été bâti en un clignement de cil. J'avoue, j'ai peur de te perdre, de perdre un soutien, de perdre mes repères. De ne jamais atteindre mes rêves. Ne jamais réussir à en avoir. J'avoue, je me cherche encore, sans jamais réussir à me trouver. J'ai besoin d'une pause. Tout me dépasse, chaque jour, tout va si vite. Constamment, tout bouge trop vite, tout évolue, et moi, je suis toujours bloquée là, prisonnière de ma situation sans parvenir à m'en sortir. J'avoue qu'à certains moments, je voudrais dire stop. Stop au monde qui change, au monde qui va si vite. Respirer profondément. Rêver un peu plus.

samedi 29 septembre 2012

29 septembre 2012 - Assurément en perdition

__J'avoue que je manque cruellement de confiance en moi ces temps-ci... c'est dur de se sentir constamment minable dans tout ce que l'on entreprend. Alors je m'enlise dans un certain pessimisme et je doute réellement de mes capacités à être à la hauteur des projets dans lesquels je me suis engagée. Et je ne comprends pas qu'aucun des élèves de mon école ne réagisse alors qu'on nous en demande toujours plus mais que la plupart des enseignants ne font aucun effort pour nous inculquer leurs savoirs. J'avoue, être ingénieure, c'était que de la gueule, et que la seule chose dont j'ai envie en ce moment, c'est de me barrer loin encore une fois, pour découvrir le monde, aller à la rencontre d'autres cultures, voyager version sac à dos et en prendre plein la vue... mais que les responsabilités me retiennent toujours ici. Et je me pose une question : où sont passées les valeurs humaines ? Désolée, nous ne sommes pas que des robots destinés à être productifs, nous sommes avant tout des personnes qui aspirons à des rêves, qui tentons d'être des personnes biens. Et qui malheureusement ont bien peur de ne pas être à la hauteur de tout ce que vous leur demandez.

mardi 28 août 2012

28 août 2012 - Travelling makes you know who you are

__Il est trop facile d'être grisée par cette sensation de liberté qu'offre le voyage. Et les retours sont toujours aussi difficiles. Peut-être cette fois-ci un peu plus que les autres. Et je daigne enfin  mettre un nom sur ce que je cherche tant à fuir en larguant les amarres : seulement à m'extraire de ce père qui n'en a jamais été un, de ce père si étouffant qu'il me donne envie de partir pour toujours


samedi 14 juillet 2012

14 juillet - Confessions d'une fille usée par l'amour.

__J'ai beau avoir souvent parlé de sentiments dans ces pages, glissé des hommes différents dans ces lignes, je crois qu'à cet instant, il n'y a que toi. Dans mon esprit, dans tout mon être, ta trace y est indélébile, comme gravée dans le dur. Tout mon corps te réclame, mes pensées ne convergent que vers toi.
__J'ai essayé de me détacher de tes mots, essayé de me préserver, mais il m'est difficile de ne pas m'attacher à toi, difficile de lutter. Difficile de feindre l'indifférence, de contrôler mes gestes, de ne pas vaciller, alors que toute mon âme ne désire que toi. Constamment. Jamais, je ne me suis autant sentie en osmose avec quelqu'un. Tu m'élèves, tu me fais sentir être, me sentir vivante. 
__Mais j'avoue que notre humour piquant et notre relation de couple indépendant, cool et sans fioriture, ne m'aide pas à te dire que je tiens à toi plus que de raison. J'avoue surtout que j'ai peur, peur de me livrer entièrement. Peur de libérer ces sentiments qui m'ont déjà fait mal par le passé. Peur de m'attacher à toi pour souffrir après. Peur de ces désillusions d'antan, qui m'ont fait comprendre que ces instants que je croyais uniques n'étaient que chimères, communs, et des plus banals. Peur de te livrer ce qu'il y a derrière ce mur fébrile, qui ne demande qu'à s'effondrer car peur d'avoir mal, peur que tu te volatilises comme d'autres l'ont fait avant toi. Et je ne suis pas sûre que j'arriverai à le supporter, comme j'ai pu le faire avec d'autres.
__Et je n'arrive pas à comprendre pourquoi tu m'as choisie, moi, parmi toutes ces filles qui se pavanent devant toi. Et je déteste tellement lorsqu'elles te touchent, lorsqu'elles tentent de prendre une place trop importante dans ta vie. Ces succubes qui ne cessent de te vouloir, de vouloir te tenter. Alors, je t'en prie, il est bien plus facile pour moi de me convaincre que tu n'es qu'un type parmi tant d'autres, dont je ne dois rien attendre, qui m'oubliera, à qui il ne faut pas m'attacher ou accorder de l'importance, à qui il ne suffit de livrer que mon corps. C'est trop dur de tenir tête devant tes regards, devant tes attentions. Cesse d'être toi, pour redevenir le type que je pensais, qui ne voulait que jouer... J'en finirais par te haïr. Car je ne joue plus et mon âme encore toute endolorie ne peut s'empêcher de vaciller quand tu es là. L'absence est trop longue, le manque insoutenable... J'en perds la maîtrise. Et je redoute la chute, fracassante, cette chute dans la douleur et que je ne connais que trop bien.




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"Je crois que je suis raide dingue de toi et tu me manques furieusement."

"C'est Alexis, là ?"

"Non"

"Alors ne me dis pas des trucs comme ça, sinon ça va être très dur pour moi de ne pas te voir pendant deux mois..."

"C'est déjà dur pour moi..."

"Drague d'autres filles :)"

"T'es nulle... je suis en boite là et il n'y en a aucune qui t'arrive à la cheville...voilà ! Je t'aime et j'ai pas été foutu de te le dire jusque là. Donc si tu avais été tenté par quelqu'un d'autre, dis le moi maintenant..."

"Tu dis ça parce que t'as un petit coup dans le nez et qu'il doit y avoir que des octogénaires dans ta boite... :) et non, il n'y a définitivement que toi qui me tentes..."

...Et moi qui ne suis pas fichue d'être franche et de te crier ce que j'ai sur le coeur depuis longtemps. 


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Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée jusqu'à présentLéo...

14 juillet 2012 - L'important n'est pas l'arrivée, l'important, c'est le voyage.

jeudi 5 juillet 2012

5 juillet 2012 - Something happened


__Quelque part, il est toujours difficile de se sentir en pleine harmonie avec ce qui nous entoure. Le doute se sème lui-même dans le sol, s'infiltrant dans les terres pour s'y enraciner, s'accrochant avec rage et ténacité.  Toc.... toc... L'eau frappe, cogne, lentement contre lui, se heurte à sa dureté. L'ennui, le spleen, l'angoisse frappent à ma porte. Sueur froide venue du passé, j'avais pourtant oublié ta compagnie pour un temps. J'avais pourtant réussi à bâtir un rempart de défense, protecteur, rassurant. Mais maintenant, des trébuchets sont postés devant moi, frappant, cognant avec ferveur. La peur de perdre ces briques qui ont été posées une à une avec soin s'empare de mon esprit. L'angoisse s'élève, se veut plus grandissante. Toujours plus. Fantômes de mes frayeurs d'enfance, pourquoi revenez-vous ? Combat de chaque instant, la lutte m'affaiblit et me fait peur. Et si l'on venait à découvrir cette âme poreuse, nécrosée, qui se cache derrière ces briques ? La panique - trop forte, trop virulente - accapare mes pensées, m'enlève tout esprit critique. Je divague, m'égare, perds contact avec la réalité. Hallucinations, psychose, la folie et la névrose s'emparent de mon corps. Mes doigts caressent le sol, et s'enfoncent dans la terre dure, crasseuse. La boue s'insinue dans mes ongles, me font mal de l'intérieur. Ils saignent, ces doigts. Et ce sont les larmes qui heurtent désormais le sol rigide. Les larmes qui avaient pourtant cessées depuis un temps. A croire que jamais, je n'arriverai à être satisfaite de mon existence, que je ne me sentirai jamais à la hauteur. 

Demon host....



samedi 24 mars 2012

24 mars 2012 - Sorry, I'm an Erasmus

__Deux mois maintenant que j'ai quitté Madrid et ses folles expériences... Comment rendre avec des mots ce semestre qui a fini par changer ma manière de voir le monde ? Par changer ma manière de voir chacun des humains qui le peuplent ? Ce fourmillement d'hommes, de femmes qui vivent, et dont une partie peut vous bouleverser pour toujours. La découverte. L'ouverture d'esprit. Le sentiment de s'affirmer en tant que personne. Expérimenter. Rompre ces barrières qui vous séparent des autres. Créer le lien, l'échange. Partager des expériences. Etre plus spontanée. Ou pas, mais l'assumer. Etre bouleversée par ces rencontres insensées. Apprécier l'Europe dans sa diversité, le monde dans sa diversité. Et exploser de ce trop plein d'amour, de moments uniques et internationaux qui jalonnent toute sphère Erasmus. J'ai le sentiment de plus me reconnaître dans ce pays d'adoption que dans mon propre pays. De mieux connaître les recoins de Madrid que ceux de la ville rose. Malasana. Sol. Huertas. "La calle de Joy". Chueca. La première fois que je suis revenue en France pour un week-end, j'ai pleuré en entendant de nouveau du français. L'oreille trop habituée à la suavité de la langue espagnole. La France et ses français trop prétentieux m'ont exécré, écœuré.

Revenir définitivement ici, c'est se heurter de nouveau à la réalité, à la vraie vie, c'est éclater cette bulle dans laquelle on s'était isolés pendant quelques mois. Se heurter aux tueries, au Toulouse qui pleure. Qui finissent par percer définitivement ce cocon, toucher vos défenses. Ebranler les perspectives que vous aviez, l'espoir que vous aviez en revenant. C'est regarder en face ce que vous aviez laissé en partant et regretter ces quelques mois où tout était désordre mais avait un sens. Où vous vous sentiez acceptée, appréciée. L'Europe, le Mexique, l'Egypte, le Liban, Cuba, l'Argentine, le New Jersey, le Venezuela, le Perou, la Colombie... J'avais tellement d'espoir en revenant en France. Revenir avec des expériences que j'aurais aimé partager avec mes amis... Mais la dure réalité est aussi qu'ils n'en ont rien à faire. Chacun mène sa vie. Vous envie ou vous oublie. Mais rares sont ceux qui vous considèrent autant que ces gens que vous avez rencontré à Madrid. Ville qui vous a fait bâtir des amitiés plus solides en 6 mois qu'en des années d'amitiés. .

Je m'étais préparé à cette dépression post-Erasmus dont j'avais tant entendu parler. Il n'en était rien au début. Madrid m'a manqué à la première seconde où je l'ai quitté, mais l'euphorie et l'excitation de revenir étaient plus fortes. J'ai commencé quelque chose de bien avec quelqu'un qui me troublait déjà le cœur avant Madrid. Une attirance inexplicable, que je n'avais jamais ressentie auparavant, et une réciprocité que je n'aurais jamais cru possible. Je crois n'avoir jamais eu autant de raisons d'être bien dans ma peau, d'être heureuse mais je commence à le sentir en ce moment : j'ai la nostalgie et le mal de Madrid. Et je suis totalement perdue dans ce monde qui ne semble étrangement plus le mien à présent. When you feel like a foreigner in your own town. Douce folie madrilène, souvenirs jubilatoires des rencontres exceptionnelles... J'attends maintenant. J'attends ce qui pourra me procurer autant d'exaltation. Petits maux d'une Post-Erasmus depression.

Os echo de menos...