Il y a de ces relations sur lesquelles vous bâtissez vos croyances. Vous y mettez toute votre énergie mais les fondements sont bancals. Alors vous ne savez pas si vous aimez ou si vous n'aimez pas, mais vous construisez. Et plus vous construisez, plus, du haut de votre tour, vous occultez les différences profondes qu'il existe entre deux êtres qui n'aspirent pas à la même vie. Mais l'autre entraine encore l'autre dans l'engrenage, et vous vous prenez à rêver à une vie meilleure, à deux. Vous aurez l'appartement parisien, vous aurez vos CDI et le repas sera toujours prêts en rentrant. Et vous êtes persuadés que c'est cela qui vous rendra heureux. Vous faites des concessions au nom de votre appartement parisien. Vous vous dites "Je tiens celui qui bâtira sa vie avec moi". Et le mécanisme continue, comme lorsqu'un premier domino entraine inlassablement le tombé des autres. Chute après chute, vous avez l'impression de bâtir quelque chose de fort. Vous faites des concessions, de plus en plus. Vous vous oubliez un peu, sous prétexte que c'est pour construire une vie avec la personne dont vous aviez toujours rêvé. Mais lorsque l'un des deux se rend compte de la supercherie, tout s'effondre, et la jadis bâtisse ornée de marbre ne laisse place qu'à un terrain marécageux. Des sentiments fades, illusoires, indignes de ce qu'on appelle Amour.
Connaitrais-je un jour une rencontre qui gardera toujours sa magie des premiers temps et qui se s’essoufflera pas pour une raison absurde ? La spontanéité de mes ruptures m'étonnera toujours. Esseulée et perdue, je remonte en selle une nouvelle fois. La brume pénètre chaque interstice pour prendre contact avec ma peau, mais j'avance. J'avance comme toujours. Avec un espoir de plus en plus amoindri de croire au couple, dans tout ce qu'il a de plus noble.
