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samedi 30 mai 2009

Les mots raisonnent dans ma tête. Ils me hantent. Ils me fascinent.

"Sur ce sentiment inconnu, dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse."

Bonjour tristesse. Françoise Sagan.



Il aura fallu le lire une seconde fois pour le comprendre vraiment. La justesse et la subtilité du style me bousculent, me chargent le cœur. Et il y a dans ce livre - au delà de l'intelligence des mots - une honnêteté âcre qui purifie le corps -


dimanche 17 mai 2009

I'm narrow-minded.


INSA : tu ne m'auras pas. (Ou inversement.)

Ces temps-ci, j'ai souvent l'occasion d'être minable et je saisis volontiers les perches. Cet avant-goût d'amertume, de déception et de ridicule, fissure mon corps. Et la gifle laisse sa marque indélébile. Je pense que le pire est de ne pas se reconnaître dans ses paroles, de ne pas être capable de montrer sa pertinence ; de voir la scène d'en haut et de se trouver parfaitement insipide. Alors il devient si attirant, le morose. Ce que l'on croyait être des paradis n'étaient qu'artificiels. L'anesthésie ne prend pas : on ressent les entailles, on devine le tracé du scalpel, et le liquide vital se vide encore et encore. Comment arrêter le mécanisme ? En fait, la solution est claire. Et vous voyez, c'est pour cela que je hais tant les autres : ce ne sont qu'à travers leurs regards que l'on perd au jeu de l'oie -

mardi 5 mai 2009

Décidément, je me suffis à moi même.

Je perdais confiance. Je sentais l'étau, surtout le misérable. Et il m'est venu l'idée de relire certains textes cachés dans les méandres de la technologie. Comme de vieilles reliques poussiéreuses. C'était d'ailleurs l'une de mes aspirations secrètes : partir à la chasse aux trésors et capturer les souvenirs d'un tiers, partager d'une manière ou d'une autre ces petits bouts d'existence - qui disposés côte à côte - ont bâti son âme. Alors j'ai ouvert une page, puis une autre. Les miennes. Et j'ai perçu cette émotion lointaine, mais pourtant si familière, qui - dans une réaction des plus saines - a soigné mon cœur endolori. J'ai senti cette force doucereuse qui embarque, qui entraine. J'ai redécouvert cette existence gardée jalousement, ces odes à la vie, ces mots inavoués. Ainsi que les personnages qui ont pris naissance dans mon esprit, à la dérobée. Et je me souviens de chacun d'eux, dans leur individualité : d'Andreas, de Charlie, de Lazare. Alors le vide abyssal se remplit au moins d'air. Parce qu'en somme, le tiers : c'est moi -


In The Mood For Love.